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Football : la bataille des droits TV en Afrique

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Publié par & dans la catégorie Edito, Médias.

Source: InaGlobal

Article  par  Séverine LAURENT  •  Publié le 16.01.2017  sur InaGlobal
 

Avec l’arrivée de la Chine et de la chaîne qatarie BeIN Sports à la table des négociations des droits TV sportifs en Afrique, l’enjeu de l’accès au football devient géopolitique. Comment les télévisions et les opérateurs locaux et internationaux tirent-ils leur épingle du jeu ?

Il suffit de sortir de chez soi un jour de match pour constater l’engouement général que suscite le ballon rond en Afrique. Dans les maquis, au bord des routes, au centre du village, toute la jeunesse se réunit et jubile ou se désespère au rythme des buts réussis ou manqués. Dans les quartiers, des tonnerres d’applaudissements, des cris de rage ou des klaxons déchaînés vous rappellent immanquablement que ce soir, il y a un match de foot à la télé. Alors évidemment, quand on gère une chaîne de télé qui s’adresse au plus grand nombre, le football, c’est capital voire essentiel.

 

Les droits du foot, comment ça marche ?

Pas si simple d’appréhender le fonctionnement des droits du football en Afrique. D’abord, il faut bien comprendre que la FIFA (Fédération internationale de football association), grand manitou du football dans le monde, est fractionnée par confédérations représentantes de six régions géographiques. Dans la hiérarchie de la FIFA, la CAF (Confédération africaine de football) représente six fédérations régionales regroupant un total de cinquante-cinq fédérations membres, soit une par pays représenté. La CAF compte donc autant de pays membres que l’UEFA (Union des associations européennes de football), mais huit pays de moins que l’AFC (Confédération asiatique de football). Pour autant, le conseil de la FIFA n’est pas tout à fait représentatif de ces chiffres : il compte 36 membres, parmi lesquels 8 vice-présidents dont un seul est issu de la CAF (au même titre que l’AFC), et trois vice-présidents représentants de l’UEFA.

Ensuite, il faut également comprendre que chaque confédération reste souveraine pour gérer les droits médias de toutes ses compétitions régionales. C’est ainsi que la CAF a délégué à Sportfive, la société spécialisée dans la gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs du groupe Lagardère, la distribution mondiale de ses droits médias. Dans le même esprit, chaque fédération nationale reste maîtresse des droits médias de ses compétitions nationales. Si en Europe Sportfive (devenu Lagardère Sports and Entertainment en 2015) gère les droits plus de trente-sept fédérations sportives européennes (en France les droits de plus d’une quinzaine de clubs), il est presque surprenant de constater que la société est pratiquement absente du business des fédérations nationales africaines.

 

Crédit photo site Afrikakom @Fototala