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Tidjane Dème: l’accès internet «pas encore démocratisé, surtout en mobile»

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Source: RFI

Le salon de la téléphonie de Barcelone (le Mobile World Congress) ouvre ses portes ce lundi 22 février. C’est le grand rendez-vous du secteur. En Afrique, l’accès à la téléphonie mobile a explosé ses dernières années. Le taux d’équipement plafonne maintenant, et le nouveau défi, c’est la modernisation : passer des téléphones simples à des téléphones intelligents, les smartphones, permettant une utilisation d’internet à haut débit. Responsable de l’Afrique francophone chez Google, basé à Dakar, le Sénégalais Tidjane Dème évoque les défis et l’avenir de la téléphonie et de l’internet mobile sur le continent africain avec François Mazet.

RFI : On dit souvent que les Africains ont sauté une génération technologique en passant directement à l’internet sur mobile, mais est-ce que l’accès à internet s’est si démocratisé que ça sur le continent africain ?

Tidjane Dème : J’aime beaucoup que vous posez cette question, parce qu’on parle beaucoup d’un taux de pénétration internet, notamment sur le mobile qui grimpe, qui grimpe en Afrique. Mais je dois dire que l’accès internet n’est pas encore vraiment démocratisé, surtout quand on parle de l’internet mobile. Il est très différent de dire qu’on est passé à internet et ouvrir un site web très simple ou bien regarder de la vidéo à très haut débit, à très haute définition sur internet. Le mobile s’est répandu certes, il permet à tout le monde d’avoir accès, un peu, un tout petit peu à internet, mais il permet encore à très peu de gens d’avoir accès au très haut débit, à toutes les applications riches et à tous les bénéfices d’internet.

Justement comment est-ce qu’on peut résorber cette Afrique à plusieurs vitesses ?

Vous avez parlé de l’équipement qui est, c’est vrai, un élément important, avoir accès à un smartphone, mais aussi à un smartphone qui a un certain nombre de capacités importantes. Il est intéressant de voir que dans ce domaine, les choses avancent vraiment très vite, toutes seules. Aujourd’hui il est de plus en plus facile de trouver sur le marché dans des grandes villes africaines des smartphones à un prix accessible. Je dis ça avec beaucoup de précautions. Mais il faut des smartphones de meilleure qualité.

Le deuxième point, c’est bien sûr la qualité de l’accès. Tant bien même que la 4G serait lancée, il reste à résoudre la question de délivrer à travers cette technologie 4G, vraiment du très haut débit. Et il y a une question d’infrastructures sous-jacente que nous ne pouvons pas hélas contourner. Et enfin je crois qu’il reste toujours la problématique du contenu qui n’est pas entièrement résolue sur le continent. L’internet haut débit , c’est aussi utiliser un certain type de contenus, pertinents pour les gens sur le terrain, qui n’est pas encore là.

Comment est-ce qu’on peut développer ce contenu pertinent pour les Africains ?

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