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‘Clés pour la Communication en Afrique de l’Ouest’ ou comment allier communication persuasive et développement personnel

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Source: El Hadj H. Kassé

Séverine Laurent, Directrice d’Afrikakom, publie aujourd’hui aux Editions du Parc un ouvrage sur la communication en Afrique de l’Ouest. Distribué par Sépia, l’ouvrage est présenté par le Docteur Alexis Moréno et préfacé par El Hadj H. Kassé, Président du Comité scientifique du XVème Sommet de l’OIF. Voici, en avant-première, un extrait de la préface.

Séverine Laurent ne verse pas dans les généralisations abstraites. Le titre de son livre, Clés pour la communication en Afrique de l’Ouest, indique immédiatement sa démarche : elle tire ses hypothèses et ses conclusions conceptuelles et méthodologiques d’une fine observation de l’environnement ouest africain. La réflexion sur la communication, concept majeur des temps modernes, charrie, ici, le vécu quotidien de peuples qui ont, très tôt, compris que communiquer, c’est agir. J’ai rencontré l’auteur de ce livre alors que j’effectuais diverses missions d’étude sur la communication dans les stratégies et pratiques de développement. La question que nous partageons, et qui traversait incidemment nos échanges, était, sans être formulée, la suivante : que veut dire communiquer ?

A la lecture de son ouvrage, la réponse à la question reste ouverte parce qu’elle s’éclaire de plusieurs variables et paramètres qui font de la communication, dans l’environnement socioculturel, non pas une « pratique » détachée et autonome, mais un aspect mêlé et diffus dans le corps social. Plus précisément, Séverine Laurent nous dicte une manière de considérer la communication comme une pratique sociale et humaine toujours située dont les codes et modes d’effectuation tirent, par conséquent, leur ressort d’un tout historique, traditions et mutations comprises, économique, culturel, social et psychosociologique. L’Afrique de l’Ouest comme « continent communiquant» se présente ainsi dans des déterminations qui singularisent ses modèles de « relation » à soi et à l’autre.

Communiquer, c’est, essentiellement, comme le propose l’auteure, se comprendre pour mieux comprendre son interlocuteur.

L’autre n’est pas un point de reflet. Il est une singularité irréductible que je ne saurais faire « adhérer » à une cause sans intégrer ses aspirations et ses inspirations, ses plaintes et ses complaintes, son histoire et son vécu, son univers socioculturel et son environnement économique, politique, technologique, le lien communautaire dans lequel il évolue. Nous sommes loin du « modèle unique », en l’occurrence le schéma canonique de la communication qui repose sur la relation linéaire et essentiellement pragmatique entre interlocuteurs. Séverine Laurent trouve la communication beaucoup plus complexe.

Voilà pourquoi, elle visite l’Afrique de l’Ouest sans le prisme, souvent déformant, des appareils conceptuels et méthodologiques « extérieurs » à leur objet d’étude. Ici, on apprend d’une approche plus descriptive qu’analytique qui offre au lecteur plusieurs portes d’entrée pour saisir la communication dans le contexte ouest-africain. Et Séverine Laurent rend bien compte de ce concept du point de vue de l’histoire comme des actualités. Elle situe son propos dans la longue durée, de la période préhistorique à nos jours marqués par la mondialisation, en passant par les périodes de la traite négrière, de la colonisation et des indépendances. Les « croyances », les épopées, les héroïsmes et les mythes fondateurs qui charrient cette longue histoire constituent, en sus des imaginaires et des fonctions régulatrices de certaines catégories de la population des ressources précieuses et pour la communication en Afrique de l’Ouest et des clés pour comprendre cette dernière. L’approche de Séverine Laurent va, ainsi, beaucoup plus loin que la mode des « story telling » basée plus sur l’idéal héroïque individuel que sur l’histoire en tant que construction des peuples qui génèrent eux-mêmes les figures emblématiques de leurs résistances et de leur génie créateur. « Communiquer, c’est un peu raconter une histoire », dit l’auteure. Le comprendre, c’est se doter les moyens d’une appropriation contemporaine de codes, de figures et de moments cruciaux dans l’histoire pour construire un mode de communication qui ait sens pour les Ouest-Africains.

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