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Afrique-France : les formidables opportunités de l’audiovisuel

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Publié par & dans la catégorie Edito, Médias.

Source: Afrikakom

Enfin. Nous sommes entrés dans l’ère du tout numérique en Afrique. Avec cette mutation qui s’amorce, de multiples opportunités d’affaires se dessinent. Il y a les équipements de diffusion à renouveler, mais aussi les caméras, les décodeurs, les postes TV. Il y a aussi la formation ou la production à financer, les chaînes payantes à exploiter. Tandis que l’accès aux segments spatiaux et à la fibre optique tendent à se démocratiser, les paysages législatifs se structurent et se fortifient.

En Afrique subsaharienne francophone, dans les couloirs de la convergence, on croise désormais des commerciaux chinois, des indiens, des américains, des israéliens, des italiens ou des turques … On rencontre aussi quelques entreprises françaises de l’audiovisuel, mais assez peu finalement. On se souvient pourtant que, jusqu’au début des années 2000 au moins, les français ont grandement participé à développer ce secteur en Afrique : de nombreux programmes de coopération ont contribué à l’organiser (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), mais aussi à en former les ressources humaines (Canal France International), voire à financer des émetteurs TV (Organisation internationale de la Francophonie) ou de la production (Ministère des Affaires Etrangères, Union Européenne), et à diffuser des chaînes TV (TV5, Portinvest, Sofirad).

Plusieurs de ces programmes perdurent jusqu’à aujourd’hui, même si le CSA semble se désintéresser de l’Afrique depuis quelques temps.

Côté privé, beaucoup d’entreprises françaises ont déserté l’Afrique au début des années 2000 : incompréhensions culturelles, impayés ou autres déboires les ont découragés. «En Afrique, il ne paient pas » entendait-on alors dans les salons parisiens. Pourtant, à l’instar de Canal+ ou du Groupe AB Sat, certaines entreprises ont tenu bon dans ces climats d’affaires souvent peu sécurisés. Elles ont tenu bon et, l’histoire le montrera sans doute, elles ont eu raison. La mutation vers le « tout numérique », c’est peut être là l’occasion de récolter les fruits de leur foi car en Afrique, ceux qui t’aiment ne te lâchent pas.

Dans ce contexte qui ouvre la porte à toutes sortes de prestataires internationaux, il est temps que les acteurs français se réveillent : c’est maintenant qu’il faut se rendre sur le terrain, dans quelques temps ce sera trop tard. Le rapport Attali, sur ce point, est formel. Alors, reconquérir le cœur des africains par la voie de l’audiovisuel, oui, mais comment s’y prendre ?

Cette problématique diplomatique et économique fut au cœur des échanges lors d’une rencontre organisée par le député Christian Kert le 11 septembre dernier à l’Assemblée Nationale. Autour de la table, les acteurs français historiques de l’audiovisuel en Afrique, mais aussi de nombreux producteurs ou éditeurs intéressés par ce continent aux mille opportunités. Co-présidée par Bernard Chaussegros, cette rencontre a eu une particularité notoire : un opérateur africain était invité comme « témoin et participant » aux débats (Ismaïla SIDIBE, Président du Groupe Africable Télévision). Un signe des temps qui prouve que les acteurs français s’engagent, petit à petit, vers la voie de la collaboration transparente avec les acteurs africains de l’audiovisuel.

En préambule des échanges, j’eus le privilège de dresser un portrait rapide de l’historique et de l’actualité de l’audiovisuel en Afrique subsaharienne francophone. Puis, pendant une heure trente, les préoccupations économiques des invités furent le sujet essentiel des échanges : comment participer, de façon rentable, à l’essor de l’audiovisuel en Afrique francophone ? Comment adapter nos approches commerciales ?

Quelques idées furent échangées, quelques secrets stratégiques même, mais ce que l’on retiendra surtout, c’est la volonté de ces acteurs : chacun souhaite développer des activités en Afrique. Rendez-vous est pris dans quelques semaines pour la suite de cette rencontre, l’idée étant d’organiser prochainement une table ronde de réflexion autour de cette thématique, en y invitant, bien évidemment, plusieurs opérateurs africains.

On peut se réjouir de cette nouvelle approche politico-économique qui se veut plus transparente et davantage axée sur des principes de partenariats privé-privé ou public-privé-privé.

En tous cas, je m’en réjouis sincèrement.

 

Séverine LAURENT