Le calvaire des stagiaires dans les médias camerounais

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Source: Camer.be

La mort médiatisée d’un stagiaire de Bank of America le 20 août 2013 n’est pas un phénomène qui se limite au monde l’emploi en Occident. Au Cameroun, le stage non rémunéré à durée indéterminée est une culture d’entreprise tragique.Dur labeur.Dans la presse écrite, les radios, en ligne ou à l’écran, les stagiaires font les gros titres pour rien.Récemment, un jeune confrère de 24 ans est décédé. Diplômé en journalisme, il était néanmoins stagiaire à la rédaction du Poste national de la radio-télévision d’Etat (CRTV) depuis un an. Il a été emporté par un AVC. Personne ne comprend ce qui s’est passé. Le 14 août 2013, il a été foudroyé sans raison apparente. Qu’est-ce qui peut expliquer cet accident ? Pas question de faire un raccourci. Mais à l’occasion de son décès, l’ensemble de la rédaction du Poste national a salué sa mémoire non pas en tant qu’employé de la CRTV mais c’était «la voix de Dimanche Midi », le magazine phare de la direction de l’information radio de l’Office camerounais de radio-télévision. Les superlatifs résumant son talent ont afflué lors de sa veillée funèbre. «C’était un vrai talent» ! Mais pourquoi le talent n’a-t-il pas été titularisé depuis un an ? Quelles peuvent être les raisons professionnelles, d’égo, de prise en charge personnelle qui l’ont stressées au point d’être victime de l’accident dont nous venons de parler ?

La CRTV, c’est connu, n’embauche plus officiellement depuis de nombreuses années. Mais les jeunes professionnels fascinés par les voix qu’ils entendent depuis leur tendre enfance veulent les côtoyer au cours de leur formation. Par ailleurs dans la rédaction, les journalistes ne manquent pas de confier, non sans perfidie, aux stagiaires (ou aux professionnels fraîchement sortis de l’école) qu’ils ont une chance d’être retenus définitivement s’ils persistent dans l’effort. Et voilà l’étudiant qui se plie en quatre pour satisfaire les moindres désirs de ses «encadreurs». En plus du café rituel qu’il doit servir au premier reporter venu, c’est lui qui est préposé à la réalisation du journal du matin. Il doit être là avant le présentateur vers  04h30. C’est toujours lui qui sera là le soir pour la réalisation du fameux 20h. Donc venu avant tout le monde, il rentre après tout le monde. Combien doit-il gagner ? Normalement la moitié du salaire de base d’un journaliste BAC+3. Un peu moins de 75 000 francs (120 euros). Mais ici, pas question. Il n’aura rien. Pendant un an ! Il y a de quoi pousser un jeune homme à bout.

 

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