Les secrets de la réussite de la Sonatel

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Source: Le Soleil on line

L’ancien directeur général de la Sonatel, Cheikh Tidiane Mbaye, divulgue les secrets de réussite des operateurs historiques de télécommunication comme la Sonatel, entreprise qu’il a longtemps dirigée. Selon lui, cela repose sur l’exemplarité, l’anticipation, la rigueur et le courage managérial. Il était, hier, l’invité de l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications (Esmt).
Dix pour cent seulement des operateurs  historiques que comptent les 53 pays d’Afrique sont restés leaders dans le secteur des télécommunications, soit sept pays sur tout le continent dont deux en Afrique de l’Ouest (le Sénégal avec la Sonatel et le Togo). Cet échec est propre à l’Afrique, parce que dans d’autres pays du monde, ces operateurs qualifiés d’historique ont su garder leur leadership dans le secteur des télécommunications. Ce constat est de Cheikh Tidiane Mbaye, ancien directeur général de la Sonatel, qui a animé, hier, une conférence à  l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications (Esmt) sur le thème : « Les operateurs historiques de télécommunications en Afrique face à la concurrence : le cas de la Sonatel ». Cette rencontre entre dans le cadre d’une activité dénommée « l’invité Télécom-Tic », initiée par l’école depuis l’année dernière. L’idée, selon le directeur général de l’institution, M. Saibou,  c’est de permettre des échanges entre les personnalités du monde des télécoms et les étudiants, futurs cadres du secteur.

Selon M. Mbaye, les contreperformances de la plupart des opérateurs historiques africains sont dues à la floraison d’operateurs alternatifs qu’offre Google et d’autres logiciels d’appel comme Skype, conjugués au manque de rigueur dans la gestion de certains operateurs historiques. Si la Sonatel a su tirer son épingle du jeu, c’est parce qu’elle a très tôt entrepris des reformes et pris des mesures courageuses, explique son ancien patron. « La Sonatel a, très tôt, refusé des immersions politiques, en procédant à des recrutements sélectifs de compétences, en plaçant l’intérêt de l’entreprise au-dessus de tout», a déclaré M. Mbaye.

L’autre secret, c’est l’anticipation et la vision. Beaucoup d’operateurs ont été piégés avec l’avènement du mobile. « Avant la privatisation de la Sonatel, des gens sont venus me voir pour me demander de laisser le privé explorer le mobile, et de nous focaliser sur le fixe, qui était, disaient-ils plus lourd. Ce que j’avais refusé, parce que j’avais compris que le mobile avait un avenir certain », a-t-il expliqué. La Sonatel, a poursuivi Cheikh Tidiane Mbaye, a toujours réfléchi collectivement pour construire des projets et des plans adaptés aux préoccupations des populations. L’autre secret de la réussite de l’entreprise aujourd’hui dirigée par Alioune Ndiaye, c’est l’ouverture du capital de l’entreprise. Cela a permis de se soustraire de l’emprise de l’Etat. « Si la Sonatel n’était pas privatisée, on l’aurait mangé comme du pain en 2000 », a-estimé l’actuel administrateur de l’entreprise
De l’avis de Cheikh Tidiane Mbaye, les politiques de libéralisation n’ont pas été très réfléchies en Afrique. Pour lui, la concurrence est bonne, mais trop de concurrence n’arrange personne. Il conseil toutefois aux operateurs historiques de télécoms en difficulté de redresser leur gestion en mettant l’accent sur les ressources humaines et la maîtrise des coûts, sur l’amélioration du recouvrement de l’Etat et sur la qualité du service et de l’accueil.

Ndiol Maka SECK