23ème festival du cinéma et de la télévision : Le Mica, un marché de l’image pour les professionnels africains

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Source: Le Soleil on line

Dans l’une des salles de l’hôtel Azalaï (ex-Indépendance) de Ouagadougou, se tient le Marché international du cinéma et de la télévision africains (Mica). Cet événement du Fespaco a été créé en 1983 et favorise les échanges et les rencontres entre professionnels du continent.

OUAGADOUGOU (Burkina Faso) – Dans son stand du Marché international du cinéma et de la télévision africains (Mica), la Camerounaise Zoure Mariette répond aux questions des visiteurs. Elle est l’une des responsables de la Banque d’images de l’Afrique centrale (Bimac), à Yaoundé, et participe pour la première fois au Fespaco. Sa structure s’occupe de la distribution de films au Gabon, au Congo, en Guinée et dans d’autres pays africains. « Nous ne sommes pas encore présents au Sénégal », explique-t-elle. Le Mica est pour elle une rare occasion d’avoir des partenaires dans le domaine de la distribution. « Depuis l’ouverture, j’ai rencontré des professionnels qui s’intéressent à ce que nous faisons et qui souhaiteraient nouer des partenariats », se réjouit-elle.
A côté de son stand, nous avons rencontré Sidone Belengnegre, une Burkinabé, qui travaille à Patou Films dont le siège est en France. Elle est venue présenter au Mica des œuvres audiovisuelles que cette société produit, réalise ou distribue. Dans son catalogue, on remarque « Le mec idéal », du réalisateur ivoirien Owell Brown, Etalon de bronze au Fespaco 2011. Elle aussi a fait « pas mal de contacts » au niveau et espère bien vendre ses produits aux télévisions présentes à Ouagadougou. Dans le programme de Patou Films, figure la « Nuit de la série africaine » qui en est à sa première édition et qui aura lieu, en marge du Fespaco, le jeudi 28 février de 20h à 6h du matin.

Echanges et partenariats
La Côte d’Ivoire est également présente au Mica avec des sociétés de production parmi lesquelles l’agence Scénarii dont le stand est géré par Sylvie Chéritas Kokoe. Entre le brouhaha des visiteurs et le bruit des postes téléviseurs qui diffusent des extraits de films, elle essaie de « vendre sa marchandise » aux professionnels du Mica. Et elle est fière de nous confier que l’une de leurs productions, « Epp Iroko » de Lanciné Touré, fait partie de la compétition officielle des séries télévisuelles. L’agence Scénarii a également réalisé d’autres séries : « Deux couples, un foyer », « Le Grin » et « Regard d’enfants » qu’elle compte faire connaître auprès des télévisions africaines. Par contre, Sylvie Chéritas Kokoe déplore la baisse du niveau d’organisation du Mica, par rapport aux éditions précédentes. « C’est peut-être la situation de guerre au Mali voisin qui explique cela, mais j’ai remarqué qu’il y a moins de professionnels et de visiteurs cette année », se désole-t-elle. Malgré cela, elle reconnaît avoir bien profité de cette opportunité pour nouer des contacts qui, peut-être, vont déboucher sur un partenariat. Au moment de notre passage à son stand, elle était d’ailleurs en pleine discussion avec un distributeur gabonais.
La Radio télévision du Burkina Faso (Rtb) est, naturellement, présente au Mica où elle expose de nombreux produits audiovisuels. Le responsable du stand, Sidgomdé Roamba, nous explique que la Rtb a aménagé deux salles de visionnage où les visiteurs peuvent regarder des films, des documentaires et des séries produits par la chaîne. Parmi les séries, figure « Affaires publiques » qui en est à sa troisième saison de 26 épisodes chacune. Très connu dans la réalisation des séries télévisées, le Burkina Faso a une longue expérience dans ce domaine et ses produits sont diffusés sur de nombreuses télévisions du continent et sur des chaînes internationales comme TV5. Le Mica est ainsi un moyen de consolider cet acquis et de le partager avec d’autres partenaires. « Malheureusement, bon nombre de responsables de télévisions africaines ignorent les opportunités que peut leur offrir le Mica et rares, parmi eux, sont ceux qui prennent la peine de venir à Ouaga », regrette Sidgomdé Roamba. Cependant, il est heureux d’avoir eu de nombreux contacts qu’il compte relancer dès la fin du Fespaco.

Les télévisions sénégalaises absentes
Dans d’autres stands, on trouve des structures dont le travail consiste aussi bien à produire des films qu’à sensibiliser sur des thématiques précises. C’est le cas de la société burkinabé Cinéma nomade (Cinomade) dont le siège est à Bobo Dioulasso. L’un de ses responsables, Achille Soulam, est un habitué du Mica. « Nous produisons et réalisons des films de sensibilisation sur divers sujets, mais 50% de nos produits concernent des campagnes sur le Vih-Sida. Nous sommes là pour chercher des institutions qui pourraient nous accompagner dans notre politique de développement », nous explique-t-il. Le Mica est ainsi une formidable tribune d’échanges pour la société audiovisuelle Cinomade.
Le Marché international du cinéma et de la télévision africains est né d’une idée de cinéastes africains qui s’étaient réunis à Niamey en 1982, lors d’un colloque. Ils avaient émis le souhait de mettre sur pied une structure capable de leur offrir des possibilités de rencontres avec des acheteurs et des distributeurs. Le Mica a ainsi été organisé pour la première fois en 1983 lors la 8ème édition du Fespaco dont le thème était : « Le cinéaste africain face à son public ».
Ce marché des images est devenu, au fil des années, le plus important au niveau du continent africain. « C’est une bourse de programmes audiovisuels africains et sur l’Afrique », expliquent ses organisateurs. Des milliers de produits y sont disponibles et peuvent être consultés par les professionnels et les visiteurs.  « Les films inscrits au Marché sont archivés et présentés sous forme de catalogue », selon les responsables du Mica dont l’ambition est de devenir le passage obligé des films africains. Ils veulent aussi renforcer la banque de données sur les films, les cinéastes, les producteurs, les distributeurs, et éditer un catalogue de tous les films qui sont passés dans ce marché depuis sa création afin de les présenter dans d’autres lieux similaires. En visitant les stands, nous avons constaté l’absence des télévisions sénégalaises. Dommage car le Mica est un carrefour qui pourrait bien leur permettre de diversifier leur programmation et de vendre leurs produits.

De notre envoyé spécial MODOU MAMOUNE FAYE