RDC – Télévision : quand profusion rime avec saturation

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Source: Jeune Afrique

Des centaines de chaînes de télé et de radio, autant de journaux. Tous soumis à une influence politique ou économique, et une seule petite poignée vraiment rentables… La presse congolaise se dit malade.

En RD Congo, il existe une telle profusion de journaux et de chaînes de radio et de télévision que même les responsables du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’organe de régulation créé en 2011 par le gouvernement, ont du mal à s’y retrouver. Il en naît tous les jours ou presque. La seule ville de Kinshasa compte une soixantaine de chaînes de télévision, plusieurs dizaines de radios, autant de titres de presse écrite. Mais si, en une vingtaine d’années, le nombre de médias a explosé, une question se pose toujours et de façon de plus en plus aiguë : cette prolifération est-elle synonyme de viabilité économique, de professionnalisme, d’indépendance et de responsabilité dans le traitement et la diffusion de l’information ? Rien n’est moins sûr.

L’audiovisuel privé est né à un moment où, après l’ouverture de l’espace politique, en 1990, la soif de parole était grande. C’est dans ce contexte que, en 1994, Ngongo Luwowo, un ancien journaliste de Télé-Zaïre entré en politique, a lancé Télé Kin-Malebo (TKM), la première chaîne de télévision privée du pays. Comme le souligne un observateur, « à l’époque, l’inaccessibilité à certains médias créait le besoin de posséder le sien ». Au fil des années, détenir sa propre chaîne de télévision ou de radio est devenu une préoccupation majeure pour quiconque caresse des ambitions politiques et rêve de peser sur le cours des événements. Jusqu’à ce que la quasi-totalité des médias audiovisuels se trouve appartenir à des politiques, qui les gèrent directement ou via leurs hommes de confiance.

Viabilité

Beaucoup de chaînes ont ainsi vu le jour à la veille d’élections avant de disparaître sitôt le scrutin passé. Car fonctionner sur le long terme n’est pas simple. Surtout si, comme c’est souvent le cas, il y a un couplage télévision-radio.

« Les médias audiovisuels sont confrontés à un problème général de moyens, constate Chantal Kanyimbo, rapporteuse du CSAC. Le marché de la publicité est très étroit. Il n’y a donc pas de budget et le personnel est rarement rémunéré. La question du non-respect du cahier des charges et de la déontologie se pose aussi. Sans parler du piratage. »