La coopération entre la Chine et l’Afrique s’ouvre aux médias

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Source: CRI Online

Une trentaine de professionnels des médias, des responsables et journalistes de la radio et télévision des pays africains francophones viennent de participer à un séminaire à l’intention des superviseurs et des fonctionnaires de la radio et de la télévision des pays africains francophones.

Durant trois semaines, ces professionnels des médias ont échangé avec le directeur général du Centre international des recherches des médias (radio, le film et la télévision) (SARFT) GEHUA LI, les responsables de CCTV et des médias écrits et audiovisuels chinois, et ont visité plusieurs entreprises de production des programmes audiovisuels.

Le séminaire de Beijing s’inscrit dans le cadre de renforcement de la coopération entre la Chine et les pays africains francophones. La coopération entre la Chine et l’Afrique date de plusieurs décennies. Les relations sino-africaines remontent sans aucun doute à l’époque de l’amiral Zheng He (XVème siècle), et la conférence de Bandoeng (1955) a permis la réactualisation d’un mythe politique, c’est-a-dire la solidarité tiers-mondiste et la résistance des pays du Sud face à l’occident.

Depuis quelques années, on assiste au grand retour de la Chine sur la scène internationale, et tout particulièrement en Afrique, jusque-là « chasse gardée » des Européens et, dans une moindre mesure, des Etats-Unis.

ll faudra attendre, donc, l’année 2005 pour voir la coopération entre la Chine et les pays africains prendre sa vitesse de croisière. En mars 2008, le premier Sommet Chine- Afrique à Beijing a marqué un tournant décisif dans les relations diplomatiques, économiques, culturelles et scientifiques entre la Chine et I’Afrique dans la mesure où les autorités chinoises vont manifester clairement leur volonté de développer des relations de coopération économique avec l’Afrique, un continent qui dispose des ressources suffisantes tant humaines que naturelles.

Attirés par la forte croissance économique de la Chine sur l’ échiquier international, les pays africains trouvent désormais un partenaire avec qui, ils peuvent développer des relations économiques et un partenariat gagnant-gagnant; un partenariat fondé, à priori, sur l’égalité, la confiance mutuelle, le respect de l’identité de l’autre et la non-ingérence dans les affaires des Etats.

Les assises de Beijing seront marquées par la publication d’un livre blanc appelé « Déclaration de Beijing », dans lequel les dirigeants africains et chinois soulignent leur volonté de travailler ensemble et de développer un partenariat de type gagnant-gagnant pour le bien-être de leurs peuples.

Aussi, le président sud-africain Thabo Mbeki au cours de ce Sommet Chine-Afrique a déclaré que la Chine doit s’ouvrir à l’ Afrique et l’Afrique doit s’ouvrir à la Chine. Lors de la cinquième conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FSA) qui s’est tenue à Beijing, en Chine, le 9 juillet 2012, en présence de plusieurs dirigeants africains, le président chinois Hu Jintao a réaffirmé la ferme volonté de la Chine de devenir le principal partenaire au développement. Le président chinois a fait l’état des lieux de la coopération entre la Chine et l’Afrique. Le volume commercial des relations sino- africaines s’est élevé à 166.3 milliards de dollars américains, soit le triple de celui de 2006. Les investissements directs chinois en Afrique ont atteint au total plus de 15 milliards de dollars américains et couvrent 50 pays africains. La Chine est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de l’Afrique après les Etats-Unis et l’Union européenne.

Un élément important à souligner : l’aide qui occupait une place importante dans l’engagement de la Chine en Afrique est désormais devancée par les échanges. Un récent rapport du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale indique que le flux d’aides de la Chine envers le continent africain par rapport à l’ensemble des échanges entre eux représentait environ 20 % au début des années 90. Aujourd’hui il est de moins de 5% au profit des échanges commerciaux.

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Un partenaire crédible

La percée économique de la Chine en Afrique coïncide avec l’arrivée des entreprises chinoises dans ce continent. Ces entreprises investissent dans plusieurs secteurs, en I’occurrence dans les domaines des infrastructures, de la santé, des mines, du commerce de l’import- export, de I’industrie agro-alimentaire et du bâtiment. Par exemple : Le complexe de conférence et le nouveau bâtiment de l’Union africaine à Addis-Abeba ont été construits par la Chine.

La Chine a augmenté progressivement son aide à l’Afrique. Elle y a construit plus d’une centaine d’infrastructures éducatives, sanitaires, énergétiques, routières et sportives.. notamment au Burundi, en République démocratique du Congo, au Tchad, en Côte d’lvoire, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale, en Guinée Conakry, au Sénégal, à Djibouti, en République Centrafricaine, au Benin, au Niger, au Cameroun…. En particulier sur le plan de l’ éducation et de la formation.. Beaucoup d’étudiants africains bénéficient aujourd’hui des bourses d’études dans des universités chinoises dans divers domaines. Des agents et cadres africains effectuent chaque année des stages de renforcements des capacités en Chine financés par le gouvernement chinois, y compris les professionnels des medias.

Dans le domaine des médias, concrètement, la coopération sino- africaine est effective notamment au Burundi où la Chine construit une fibre optique qui lui permettra de communiquer avec pratiquement toute l’Afrique de l’Est. Outre la société Star Times qui y opère dans le domaine de communication et l’institut Confucius qui accueille des journalistes voulant apprendre le chinois, la Chine a donné du matériel à la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB) dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance et compte diffuser les émissions de la Radio Chine lnternationale (RCl) en modulation de fréquence( FM).

Au Sénégal, la RCI émet aussi en relais FM. Au Cameroun, il existe un projet d’une entreprise privée chinoise pour la migration numérique, etc. D’autres potentiels chantiers pourront s’ouvrir à elle dans les pays africains au regard du mode de coopération qui est basée en partie sur le principe des financements liés.

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Les perspectives d’avenir

L’avenir des relations de coopération entre la Chine et I’Afrique passe par la coopération entre les médias africains et chinois qui se traduira par des échanges des programmes et de savoir-faire. Les journalistes et professionnels des medias africains et chinois doivent renforcer leur coopération bilatérale en mettant en exergue les aspects culturels de nos deux continents. La diversité linguistique ne doit plus être une barrière.  Les professionnels des médias africains ne cessent d’émettre le voeu de voir ta Chine s’investir davantage dans les renforcements des capacités des journalistes, techniciens et professionnels des médias africains afin de bénéficier de l’expérience et de I’expertise chinoise pour mieux maîtriser les nouvelles technologies de la communication.

L’importance pour les médias chinois de travailler en synergie avec la presse africaine est aussi nécessaire en vue de mieux faire connaître la Chine à l’Afrique et l’Afrique à la Chine.

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Cap vers l’avenir

La coopération entre la Chine et les pays africains est prometteuse. Si cette coopération et ce partenariat se font en parfaite harmonie, il y a lieu de noter toutefois que beaucoup de choses restent encore à faire. Le rôle des médias dans la consolidation et la matérialisation de ce partenariat gagnant- gagnant est donc indispensable dans la mesure où les médias, grâce à ses informations informent la population sur les réalisations chinoises en Afrique et la valeur ajoutée de la coopération sino- africaine. Et, en même temps, les médias jouent un rôle primordial dans les orientations politiques de décideurs sur les enjeux de ce partenariat et aussi les retombées positives de la coopération sino-africaine. Les médias apparaissent dès lors comme un paramètre déterminant du fait qu’ils soutiennent le développement dans les milieux les plus reculés du continent et expliquent à l’opinion le bien fondé des relations entre la Chine et l’Afrique dans le village planétaire devenu un rendez-vous du donner et du recevoir.