Afrique du Sud: « Les compagnies noires et les jeunes défavorisés sont écartés de la croissance des TIC »

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Source: Agence Ecofin

Si, depuis l’avènement de la démocratie en 1994, l’Afrique du Sud a effectué des pas significatifs pour faciliter l’évolution des TIC, le pays a cependant régressé dans nombre d’indicateurs clés, regrette l’ANC dans le document de référence de sa dernière conférence de politique nationale. Un retard s’est accumulé dans l’accès universel à Internet, la radiodiffusion et l’e-gouvernance. Tout cela, constate l’ANC, « est la conséquence d’une politique fragmentaire et non coordonnée, et d’arrangements institutionnels qui n’ont pas permis d’exploiter pleinement les opportunités offertes par nos avancées technologiques ».

Même en Afrique, constate l’ANC, l’Afrique du Sud a perdu sa position de leader dans le déploiement de services de TIC, alors que d’autres pays sont en train d’émerger. « Notre pays est également en retard par rapport aux autres pays BRICS (1) dans presque tous les aspects de la chaîne de valeur des TIC ». Ainsi, si les communications mobiles ont atteint un taux de pénétration de plus 100%, on ne peut pas en dire autant de l’Internet haut débit, qui enregistre moins de 11% de pénétration pour les ménages et 8% pour le secteur professionnel, tandis que le haut débit fixe reste en-dessous de 10% de pénétration. L’ANC reconnaît par ailleurs que le renforcement de capacités des acteurs noirs des TIC est resté très faible, du fait d’une promotion et d’un financement insuffisants et de l’absence de concentration des autorités sur le développement des entreprises.

Une fracture numérique nationale

Résultat des courses, « les compagnies noires continuent à être laissées en rade dans la croissance du marché des TIC », et « même si le secteur des TIC a été le premier à entreprendre des transformations, beaucoup reste à faire et davantage de nouvelles interventions sont nécessaires pour accélérer le rythme de transformation dans tous les segments de la chaîne de valeur du secteur », note le document de l’ANC

Le rapport déplore aussi que « de nombreux jeunes, issus de milieux défavorisés (n’aient) jamais été exposés aux TIC. Cette situation influe sur leurs performances dans les établissements d’enseignement supérieur, ainsi que sur leur capacité à s’adapter et à devenir compétents dans l’utilisation des TIC ». C’est pourquoi, suggère-t-il, les e-compétences devraient être une matière obligatoire dans toutes les écoles publiques, afin de promouvoir une société e-lettrée.

Pour maximiser la valeur ajoutée des TIC et accélérer l’adoption et l’utilisation des outils technologiques, il faut créer une stratégie nationale et un cadre politique cohérents et coordonnés. Cette politique nationale va, entre autres, permettre de promouvoir, à des coûts abordables pour la population, l’accès universel à des réseaux haut débit de qualité, prendre en charge le déploiement des TIC à travers le pays et structurer les aspects réglementaires pour asseoir une infrastructure numérique de niveau mondial.

Pour la COSATU (Congrès des syndicats sud-africains), les propositions audacieuses contenues dans le document de l’ANC doivent être soutenues et être considérées comme une contribution majeure au développement des compétences et à la création d’emplois. Mais le syndicat estime que l’important sera de voir comment ces propositions vont se matérialiser. « Le plus grand défi consiste à transformer les belles paroles de ce document dans les faits », note le syndicat qui reconnaît cependant la rapidité avec laquelle l’Afrique du Sud s’est installée dans l’ère numérique, en relevant qu’« il y a quelques années », toute cette demande de l’ANC aurait « semblé utopique ».

Au niveau du gouvernement, le ministère des Communications espère boucler, d’ici la fin de l’année, tous les textes législatifs lui permettant d’engager une nouvelle politique intégrée sur les technologies de l’information et de la communication.

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