Accompagner des projets comme la création du Centre national de la Cinématographie

Publié par & dans la catégorie Médias.

Source: Le Soleil

Attaché audiovisuel régional au Sénégal depuis le 3 septembre dernier, Romain Masson évoque ici la mission du Service de coopération audiovisuelle basé à l’ambassade de France à Dakar. Ledit service et son attaché audiovisuel doivent offrir aux professionnels locaux du Cap Vert, de la Guinée Conakry, du Libéria, de la Mauritanie, de la Sierra Leone et du Sénégal une expertise dans le domaine de la veille, du montage de partenariats stratégiques et de la coordination de programmes dans les secteurs des  industries culturelles et créatives.

L’action de la coopération audiovisuelle, explique Romain Masson, attaché régional français en poste à Dakar depuis septembre dernier, s’articule autour de deux pôles : l’appui aux médias et le soutien aux industries culturelles et créatives. Selon lui, le premier pôle est constitué de quatre axes, à savoir la mise en place de missions d’expertise bilatérale avec les organisations professionnelles et institutionnelles ; une mission de formation avec les organismes français de formation initiale ou continue, une ‘invitation de journalistes en France, en collaboration avec les organismes français, et enfin, la mise en place de partenariats avec la presse et les écoles spécialisées.
Quant aux actions de coopération dans le secteur des industries audiovisuelles/cinématographiques (médias, cinéma, formation, Tic, diversité culturelle…), souligne Romain Masson, elles consistent à accompagner les productions et à soutenir les distributeurs et exploitants lors de la sortie des films ; à évaluer la mise en œuvre de l’accord de coproduction, en liaison avec le Cnc, ainsi qu’à fournir un appui à la création et à la mise en œuvre de structures institutionnelles. Mais aussi à mettre en place des actions de formation auprès des professionnels du secteur.

Promotion et diffusion
Toujours selon l’attaché régional français, le service de coopération audiovisuelle assure une double mission de promotion et de diffusion des médias, des industries culturelles et créatives. Ceci implique donc les industries de l’audiovisuel, du cinéma, mais également les radios, et les Tic. « Elle doit pouvoir répondre à ces genre de questions : comment élaborer un programme de formation adapté aux besoins des professionnels locaux ? Comment aider à la réalisation d’une production audiovisuelle ? Quels programmes fournir à une radio, une télévision, un site Internet ? A qui s’adresser pour monter un accord de reprise de diffuseurs public ou privé français ? Comment aider une agence de presse ou un journal local, et favoriser l’expertise, la promotion et la diffusion des programmes français au Sénégal ? Telles sont, par exemple, quelques-unes des missions du service de coopération audiovisuelle dans les secteurs des médias et des industries audiovisuelles », explique M. Masson.
Vu que l’action de la coopération audiovisuelle couvre le Cap-Vert, la Guinée, le Libéria, la Mauritanie, la Sierra Leone et le Sénégal, le service et son attaché audiovisuel régional doivent pouvoir offrir aux professionnels de ces pays africains une expertise dans le domaine de la veille, du montage de partenariats stratégiques et de la coordination de programmes dans les secteurs des  industries culturelles et créatives. Ceci, quel que soit le pays et le support de diffusion. Il convient donc, estime Romain Masson, d’être attentif et à l’écoute des projets et des besoins de chacun.

Perspectives dans la sous-région
Nouvellement en poste, l’attaché audiovisuel français dit avoir besoin « d’apprendre à comprendre ». « Il me faut rencontrer, écouter chaque personne, jeunes et moins jeunes, tous secteurs confondus, en ville mais également dans des zones plus enclavées, pour mieux saisir les problématiques de chacun. A ce titre, nous ne voulons pas cantonner la coopération audiovisuelle aux beaux quartiers, mais l’ouvrir à une coopération bilatérale, en partenariat avec la société civile dans son ensemble », confie-t-il.
Romain Masson a la conviction qu’une coopération renforcée et réussie se doit d’établir des liens et des passerelles reposant sur la confiance. Pour cela, ajoute l’attaché audiovisuel, il faut mettre en œuvre des projets stratégiques, qui répondent à des besoins réels, et des exigences clairement identifiés par les deux parties. De même, développer la présence audiovisuelle française, renforcer les échanges bilatéraux et coopérer avec les partenaires, demeurent la colonne vertébrale de l’action de la coopération audiovisuelle. Elle doit aussi veiller, note t-il, à accompagner au mieux les acteurs et les opérateurs afin qu’ils fassent face aux nouveaux enjeux passionnants qui s’annoncent. L’attaché régional pense notamment au passage à la Tnt, à la structuration des instances de régulation, à la création du Centre national de la cinématographie sénégalais, etc.
« Sous l’appellation « audiovisuel », il y a des sujets transversaux primordiaux qui touchent la fracture numérique, la culture et la préservation du patrimoine, l’éducation ou la santé, la liberté de l’information ou la bonne gouvernance. Reste à établir les priorités de ce calendrier aux enjeux majeurs, parfois inquiétants, mais toujours passionnants »,  soutient-il.
Ancien attaché audiovisuel en Pologne (2006-2009), auparavant en poste au Liban (2004-2006), Romain Masson a travaillé précédemment à « Canal Plus » et « Arte » en tant que réalisateur, et a collaboré avec Médecins du Monde comme journaliste. Titulaire d’un Master 2 de médiation et de management de projets culturels, il a récemment été auteur-producteur délégué à France culture.

Omar DIOUF