Audiovisuel extérieur de la France : Marie-Christine Saragosse, la pacificatrice

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Source: Jeune Afrique

Nommée le 7 octobre à la tête de l’Audiovisuel extérieur de la France, Marie-Christine Saragosse, l’ex-patronne de TV5 Monde devra rassurer des équipes traumatisées par le projet de fusion de son prédécesseur.

Vendredi 5 octobre. Pas encore à la tête de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), société publique regroupant Radio France Internationale (RFI), la station arabophone Monte Carlo Doualiya et la chaîne France 24, Marie-Christine Saragosse reçoit au huitième étage du siège parisien de TV5 Monde. Elle vient d’achever un marathon de quatre semaines où elle a été successivement auditionnée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le Sénat et l’Assemblée nationale, tout en continuant à gérer les affaires courantes de sa chaîne. En cette fin de semaine, les batteries de la « Wonder Woman », par ailleurs mère de trois enfants, commencent à flancher. Mais même sur la réserve, la dynamique quinquagénaire est fidèle à sa réputation, et c’est pied au plancher qu’elle entame la discussion. Elle avait prévu de révéler sa part africaine, on l’interroge sur son projet pour l’AEF. Peu importe, elle n’est pas du genre à refuser l’obstacle.

Mi-juillet, Marie-Christine Saragosse avait pourtant poliment décliné l’invitation de Michel Boyon, président du CSA, qui voyait en elle la candidate naturelle pour succéder à Alain de Pouzilhac, dont le départ constitue à cette heure l’une des rares promesses tenues par le pouvoir socialiste. Pas question pour elle de couper le cordon avec TV5 Monde alors qu’au même moment le gouvernement annonçait la sortie de l’AEF du capital de la chaîne pour la rattacher à France Télévisions. « Au cours de l’été, je me suis tellement fait engueuler, notamment par des femmes, que cela m’a ébranlée », explique-t-elle. Alors quand, à la rentrée, ses directeurs lui tiennent le même discours, la patronne tourne casaque et endosse les habits de candidat. « Ils m’ont convaincue en me disant que je pouvais faciliter les collaborations entre les chaînes et restaurer la confiance », explique-t-elle.

Demandes communes

Faut-il y voir un signe ? Pour la première fois, TV5 Monde, RFI et France 24 ont fait des demandes communes pour interviewer les présidents François Hollande et Joseph Kabila lors du sommet de la Francophonie à Kinshasa. Pourtant, à l’heure où nous échangeons, Marie-Christine Saragosse n’a pas encore mis un pied dans son nouveau bureau. C’est finalement le dimanche 7 octobre que le décret présidentiel annonçant sa nomination sera publié au Journal officiel.

Une culture du dialogue puisée dans les racines algériennes de celle qui est née à Skikda.

Un mois s’est écoulé entre le choix du CSA en faveur de sa candidature et sa prise de fonctions. « Une période étrange » pendant laquelle cette fille unique qui craint tant la solitude n’a pas pu rencontrer ses équipes. « Heureusement, j’ai pu échanger avec certains journalistes [de RFI et France 24, NDLR] venus assister à mes auditions », sourit-elle. Des rendez-vous préparés comme un grand oral, parce que l’énarque promotion Fernand-Braudel (1987) sait que rien ne remplace une première impression. Alors elle soigne ses réponses : « On a fusionné en divisant, il est temps de rassembler en identifiant. » À l’opposé du projet de son prédécesseur, promoteur d’une rédaction unique entre RFI et France 24 où les journalistes devaient travailler indifféremment pour la télévision ou la radio, elle veut « réaffirmer les ADN » (généraliste pour RFI, chaîne d’info pour France 24) et valoriser les marques, en insistant sur le potentiel humain et l’expertise. Quand on l’accuse de faire de l’anti-Pouzilhac pour calmer les esprits, l’intéressée s’agace. « Mais quel était son projet, au juste ? »
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