TIC : l’UIT pour la baisse des impôts et des taxes pour favoriser l’investissement

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(Xinhua) — Décrivant les technologie de l’information et de la communication (TIC) comme une niche d’emplois au profit des jeunes, le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT), Hamadoun I. Touré, a souligné, dans un entretien à Xinhua, la nécessité de baisser les impôts et les taxes en Afrique pour favoriser les investissements dans ce secteur au continent.

Alors que le continent accuse un déficit en matière de haut débit, Touré suggère aux Etats de mettre en place de bonnes politiques réglementaires pouvant attirer l’industrie privée et de « baisse des impôts partout sur les équipements des technologies de l’information et de la communication ».

Question : L’Afrique accuse un énorme déficit en termes d’accès à la téléphonie mobile, à internet et d’autres services des technologies de l’information et de la communication. Au niveau de l’Union internationale des télécommunications, qu’est-ce qui est fait pour l’aider à rattraper son retard sur les autres ?

Réponse : Il y a de bonnes nouvelles pour le continent. Dans le domaine du cellulaire, nous avons une croissance phénoménale au cours de ces dix dernières années. Seulement ces cinq dernières années, on a vu que le continent était numéro un du point de vue de la croissance dans le monde, un taux de croissance en tout cas supérieur à la moyenne dans le monde entier.

Le continent a dépassé 60% de taux de pénétration pour le mobile. C’est très significatif, il y a encore quelques pays à la traîne, mais la compétition est là, il y a des possibilités d’investissement et c’est un domaine qui est rentable. Pour la première fois, nous avons vu aussi dans le continent des nouveaux services et applications qui ont été conçus, développés et maintenant qui sont exportés de l’Afrique. Je parle du mobile-banking par exemple.

Donc, les gens sont en train d’utiliser ces moyens de communication pour concevoir leur propre développement et trouver des solutions à leurs propres problèmes. Nous avons un déficit sur le plan du haut débit. Ça manque effectivement, des investissements sont en train de venir dans ce domaine-là. Ce que nous devons faire, les solutions sont simples, il faut une bonne politique réglementaire de développement qui pourrait attirer l’industrie privée. Ça, on l’a déjà fait dans le domaine du mobile, il faut le refaire maintenant pour ce qui est du haut débit.

Deuxièmement, les gouvernements doivent mettre de nouveaux services pour favoriser l’application de la télémédecine, de la télé-éducation qui nous permettront de pouvoir atteindre les Objectifs du millénaire à l’horizon 2015.

Q : On a des pays où le taux d’accès à internet reste faible..

R : Le taux d’accès à internet va suivre l’accès du mobile. Parce que tout le temps nous sommes connectés et c’est internet mobile qui va être le futur et ce taux-là est en train d’avancer dans le continent. Il faut trouver des équipements d’accès, c’est- à-dire les terminaux, les ordinateurs et les téléphones mobiles à faibles coûts. Donc, les pays doivent avoir une politique de baisse des impôts partout sur les équipements des technologies de l’information et de la communication.

Q : Est-ce que vous les accompagnez pour les financements ?

R : On n’a pas besoin de les accompagner par rapport aux financements. Les financements viennent si vous mettez une bonne politique en place. Parce que c’est le secteur privé qui est là et évidemment le secteur privé va faire des profits. C’est ce que nous avons dit en 2007, pendant le sommet « Connecter l’Afrique », à Kigali. Sur 50 ans, on n’a fait que demander de l’assistance, l’aide ou la charité.

Pendant 50 ans, cela n’a pas marché. Les chefs d’Etat qui étaient venus à Kigali ont dit au secteur privé là-bas – il y avait près de 400 compagnies privées : venez investir chez nous, ce n’est pas un crime de faire des profits. Au résultat, qu’est-ce qui s’est passé ? Il y a eu un engagement de la part de ces compagnies privées-là d’investir jusqu’à 55 milliards de dollars dans le continent sur cinq ans.

Q : Cinq ans après, quel est le résultat ?

R : En 2007, il n’y avait aucun câble sous-marin sur la côte Est de l’Afrique, de Cape Town jusqu’au Caire en passant par la Somalie. Aujourd’hui, il y en a trois. Il n’y avait qu’un seul câble sous-marin en Afrique de l’Ouest, aujourd’hui il y a en quatre. Voilà des investissements. Chaque pays a un backbone national. Nous sommes en train de faire des interconnexions de ces backbones nationaux, des fibres optiques. Donc, il n’y a plus de transit entre les pays. L’infrastructure est en train d’être mise en place.

Il s’agit pour nous de développer le contenu, il y a des opportunités là aussi et c’est surtout des opportunités de création d’emplois. Et ces opportunités sont simples. Je m’adressais récemment à un groupe de ministres du Travail à Genève qui étaient venus pour la conférence mondiale du BIT (Bureau international du travail, ndlr) pour leur dire : il suffit de décréter que désormais toutes les taxes, tous les impôts doivent être soumis de façon électronique pour créer des possibilités d’emplois aux jeunes, parce que chacune des compagnies et des micro-compagnies qui sont créées seront obligées d’utiliser des jeunes qui connaissent les technologies de l’information et de la communication.

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