TIC : La fin de l'âge d'or des Telecom en Afrique ?

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Avec l’arivée de l’indien Airtel au Kenya, les tarifs se sont éffondrés de 50% en 2010. Avec l’arivée de l’indien Airtel au Kenya, les tarifs se sont éffondrés de 50% en 2010.

Sous le triple effet d’une concurrence accrue, de la baisse des prix et d’un ralentissement de la hausse du nombre d’abonnés, les opérateurs africains voient leur rentabilité s’effriter. Pour beaucoup d’observateurs, le secteur a mangé son pain blanc.

Depuis plus d’une décennie, l’industrie des télécoms connaît en Afrique une croissance qu’aucun consultant, aucun opérateur, aucun gouvernement n’avait prévue. Fin 2011, 650 millions de puces téléphoniques étaient actives sur le continent et 12 des 20 marchés les plus dynamiques au monde étaient africains. Une poule aux oeufs d’or de 60 milliards de dollars (45 milliards d’euros) que se partagent équipementiers, sociétés d’ingénierie, opérateurs et États. Alors quand, lors d’une conférence à Paris en février, Marc Rennard, patron d’Orange pour la zone, a expliqué qu’il ne savait pas si son groupe pourrait encore financer un projet à 36 millions d’euros comme le câble sous-marin Lion2 reliant Madagascar au Kenya, une partie des observateurs se sont pincés pour y croire.

Pourtant, les spécialistes du secteur sont formels, les opérateurs regardent avec inquiétude leurs marges fondre à mesure que la concurrence s’intensifie. En Afrique, « le nombre moyen d’opérateurs par pays est passé de 2,5 en 2005 à 3,8 en 2011. La Tanzanie en comptait 6 à la fin de 2011, la Côte d’Ivoire et le Ghana 5 chacun, et le Rwanda, marché de taille bien plus réduite, pas moins de 3 », note Guy Zibi, directeur du consulting au sein du cabinet Pyramid Research.

« La situation s’est surtout dégradée depuis un an », confirme François-Xavier Roger, directeur financier du groupe Millicom (marque Tigo). Une rupture précipitée par l’arrivée en Afrique d’Airtel en 2010. Partisan d’une stratégie low cost, le groupe indien, présent dans 17 pays, a sans états d’âme mis à mal les ententes tacites instaurées jusqu’alors. Sous son impulsion, les prix au Kenya se sont effondrés de 50 % presque du jour au lendemain. « Une guerre qui a détruit beaucoup de valeur », constate Serge Thiemele, du cabinet d’audit Ernst & Young.

Aucun pays n’est épargné. Ailleurs, la chute est moins spectaculaire, mais aucun pays n’est épargné. Au Maroc, les tarifs à la minute ont baissé de 40 % entre 2009 et 2011, selon le régulateur. Début 2012, un rapport de la banque d’affaires Renaissance Capital faisait état d’un recul des prix à la minute sur un an de 25 % au Nigeria (où 9 opérateurs cohabitent) et de 8 % en Afrique du Sud. Faute d’élasticité de la demande, « la baisse des tarifs n’est pas compensée par la croissance de la consommation », admet André Apété, directeur de cabinet du ministre ivoirien des Télécoms.

Conséquence ? C’est la fin de l’opulence, y compris pour les principaux groupes comme Maroc Télécom, jusque-là vache à lait de son actionnaire Vivendi. Pour la première fois depuis sa privatisation en 2001, l’opérateur marocain a vu son chiffre d’affaires diminuer (- 2,5 %) en 2011. Quant au sud du Sahara, s’il y reste beaucoup de clients à conquérir, ceux-ci résident souvent loin des grandes villes et ne roulent pas sur l’or. De plus, leur fournir le téléphone coûte cher : faute de raccordement au réseau électrique, les antennes relais doivent être alimentées par des blocs électrogènes…

 

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