MEDIAS | Cameroun : Liberté et responsabilité

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La célébration ce jour de la Journée mondiale de la liberté de la presse est l’occasion d’un état des lieux par rapport aux avancées enregistrées au Cameroun en vue de l’atteinte des objectifs de la Déclaration adoptée à Windhoek le 3 mai 1991. La Déclaration de Windhoek relevait que conformément à l’esprit de l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, « la création, le maintien et le renforcement d’une presse indépendante, pluraliste et libre sont indispensables au progrès et à la préservation de la démocratie dans un pays, ainsi qu’au développement économique ».

La Déclaration faisait ressortir comme principaux indicateurs de la liberté de la presse : « une presse indépendante », c’est-à-dire « une presse sur laquelle le pouvoir public n’exerce ni emprise politique ou économique ni contrôle du matériel et des équipements nécessaires à la production et à la diffusion de journaux, magazines et périodiques » ; « une presse pluraliste », qui suppose « la suppression des monopoles de tous genres et l’existence du plus grand nombre possible de journaux, magazines et périodiques reflétant le plus large possible des points de vue de la communauté ».

Au vu du foisonnement d’organes de presse, de la grande liberté de ton et de l’extrême variété des contenus, il ne fait aucun doute que le paysage médiatique camerounais réunit les conditions de la liberté de la presse et de la liberté d’expression tout court. Les titres de journaux et magazines se comptent par centaines ; les médias audiovisuels (radio et télévision) et les organes de presse cybernétique se multiplient à un rythme quasi exponentiel. Les avancées remarquables enregistrées au Cameroun, notamment en matière de liberté de la presse, doivent beaucoup à l’instauration du pluralisme impulsée par le président Paul Biya au début des années 1990.

La loi du 19 décembre sur la liberté de la communication sociale adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée par le chef de l’Etat dans la foulée de la fameuse série des textes dits des « droits et libertés », a été le déclencheur de la révolution qui s’est opérée depuis lors dans le paysage médiatique camerounais. La suppression de la censure administrative préalable, l’abrogation du monopole de l’Etat sur l’audiovisuel, l’organisation de la profession de journaliste et l’institution d’une aide publique à la communication privée sont venues améliorer toujours plus le cadre d’exercice de la liberté de la presse.

La liberté de la presse reconnue et soutenue de diverses manières permet-elle aux médias camerounais de jouer effectivement le rôle qui est le leur dans la société ? L’Etat attend des médias, publics ou privés, qu’ils assurent le rôle d’information, d’éducation, de reliance sociale et de divertissement, tout en veillant à contribuer à la consolidation de la paix, de l’unité nationale et de la stabilité des institutions. C’est dire que la liberté de la presse ne saurait s’exercer sans prise en compte d’un minimum d’exigences.

Elle ne saurait faire fi du respect de la déontologie journalistique, de l’éthique professionnelle et des lois et règlements. Point n’est besoin de citer toutes les outrances fréquentes dans nombre de nos médias, pour observer que trop de praticiens camerounais du « plus beau métier du monde » se soucient peu de savoir jusqu’où ils risquent d’aller trop loin dans la liberté d’expression. Il va sans dire dès lors que l’honneur et la survie de la profession de journaliste dépendent beaucoup de la responsabilité dont les médias se doivent de faire preuve dans l’usage de la liberté de presse.

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