MEDIAS : La situation de RFI & France 24

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Le président de l’Audiovisuel extérieur de la France, qui vient de finaliser la fusion France 24-RFI, se refuse de signer avec l’Etat son contrat d’objectifs et de moyens. Au nom des intérêts de son entreprise.

Le PDG de l’Audiovisuel Extérieur de la France, (AEF), n’est pas homme à se laisser impressionner. D’un tempérament bien trempé, Alain de Pouzilhac aura mené la fusion France 24-RFI à son terme et au pas de charge. A l’heure d’une présidentielle à hauts risques pour l’ensemble du paysage audiovisuel, l’intéressé dresse un premier bilan du chemin parcouru. Et il met en garde le Parti Socialiste où certains parlementaires mettent en cause un schéma de fusion imposé et validé par Nicolas Sarkozy.
Où en est-on dans le processus de fusion entre France 24 et RFI ?

Entérinée, officiellement, le 13 février dernier, la fusion de ces deux entreprises est entrée dans sa phase active. Nous avons entamé, début mars, le déménagement de RFI et la réunification, sur un même site de quelques 50 000 mètres carrés, de ces deux entités distinctes. Au total, ce sont 2000 personnes, dont 1300 permanents, qui sont concernées par ce vaste mouvement. Entretemps, nous avons nommé les nouveaux responsables des deux rédactions que sont Anne-Marie Capomaccio, pour RFI, et Nahida Nakad, pour France 24. Ainsi que sept nouveaux patrons pour les différents services rattachés à la direction de l’AEF.

Jeudi prochain, je réunirai une convention qui verra chacun de ces services mettre en musique les premiers effets de cette longue opération de rapprochement. La fusion, je l’ai toujours dit, est irréversible et ce déménagement l’est également. Et j’ai le sentiment qu’exception faite d’un petit noyau résiduel, d’une cinquantaine d’individus, qui font toujours de l’obstruction systématique, la très grande majorité des salariés de cette grande maison sont heureux du travail accompli.

Quelques sont les performances de l’AEF, en terme d’audiences ?

Exceptionnelles. Entre 2008 et 2011, l’audience hebdomadaire de l’ensemble de nos trois antennes, que sont France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya, filiale arabophone de RFI, est passée de 40 millions de personnes à 93 millions, si bien que nous avons plus que doublé l’audience. S’ajoutent à cela, les 8 millions de visiteurs uniques recensés chaque mois sur notre site. Et nous sommes en train de prendre, partout, des parts de marché : à la fois, à la BBC et Voice of América et à Al Jazeera. En fait, l’AEF marche sur deux grands pieds: l’Afrique francophone, où RFI demeure le média dominant, avec plus de 88% de l’audience. Et le Proche et Moyen-Orient où France 24, en arabe, – qui totalise déjà 45% de l’audience de France 24-, se développe à une vitesse fulgurante.

Dans le même temps, France 24 continue de progresser fortement en Europe et dépasserait les 4% de part de marché. Ce qui représente, déjà, un tiers de l’audience de la BBC. Il nous reste à faire la conquête de l’Asie et des deux Amériques : c’est l’objectif 2013-2016.

Est-ce que la fusion avec RFI joue pour l’AEF, en termes d’influence. Et ce à l’aune de la couverture des événements au Mali ou de l’affaire Mohamed Merah ?

Totalement. On le voit chaque jour avec le Mali : RFI, à travers ses experts et ses correspondants, amène énormément à France 24. A l’inverse, les tueries de Toulouse et de Montauban, ont permis à RFI, grâce aux apports de France 24, d’être dans l’actualité. Souvenons-nous du coup de fil passé dans la nuit à France 24 par le tueur présumé…Vous avez là deux exemples type de la complète justification d’une fusion, dont nous pouvons chaque jour mesurer les effets. Ce qui nous a sidérés quand nous avons examiné dans le détail nos audiences, (qui avaient doublé au moment de l’affaire Merah), c’est que 47 % des téléspectateurs qui avaient suivi le siège, puis l’assaut du Raid, l’ont fait, en France, sur notre canal en Arabe. Ce qui veut dire qu’il y a parmi les 5 millions d’arabophones, vivant en France, une forte proportion d’entre eux qui sont attachés à leur langue d’origine. Cela pose bien sûre la question de la responsabilité d’une antenne qui se doit d’être exemplaire, face à des médias comme Al Jazeera.

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