TIC : Village Telco, spécialiste de l'open source, et sa vision de l'Afrique de demain

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Une analyse qui en dit long sur le potentiel du multimédia en Afrique

En 2005, The Economist publiait un numéro consacré à la réalité de la fracture numérique en Afrique où il expliquait comment ce continent allait être transformé par le développement du téléphone mobile. “La réalité a dépassé ce qu’on imaginait dans cet article”, explique le “philanthropreneur” Steve Song (@stevesong), associé de la Shuttleworth Foundation et président de Village Telco, une entreprise Sud-Africaine qui développe un kit de télécommunication open source.

Forces et faiblesses de l’accès mobile en Afrique

Le succès de l’Afrique mobile aujourd’hui se mesure par l’étendu du développement de l’accès, explique l’entrepreneur en nous montrant une carte de la couverture téléphonique de l’opérateur sud-africain Vodacom. Bien sûr, si on zoom sur la carte, on constate que celle-ci est moins impressionnante qu’il n’y paraît à première vue : les zones couvertes par la 3G sont très réduites et les espaces éloignés des voies de communication ne sont pas couverts du tout. Si on observe une carte du Zimbabwe, comme de la plupart des pays africains, on constate à peu près la même chose. La couverture a progressé, mais elle n’est pas profonde.

Si l’usage des téléphones mobiles s’est répandu, il demeure coûteux d’utiliser un téléphone mobile en Afrique subsaharienne. Les Africains dépensent 50 % de leurs faibles revenus en communication. Ce prix élevé n’est pas sans conséquence. “Quand c’est cher, cela réduit l’innovation. Quand c’est cher, il est difficile d’apprendre à jouer le jeu.” C’est seulement quand le coût d’accès est bas que l’innovation peut aller de l’avant, estime l’entrepreneur.

Enfin, il faut compter avec la résilience du réseau, c’est-à-dire sa capacité à continuer à fonctionner en cas de panne, ou plutôt dans ce cas, à ne pas fonctionner. En Afrique, les interruptions de services sont courantes, ce qui pousse les utilisateurs à avoir plusieurs formes d’accès, plusieurs abonnements à des opérateurs différents. Et c’est vrai problème, explique Steve Song. “Alors que l’infrastructure d’internet est décentralisée, émergente, ce n’est pas le cas de celle du téléphone : si votre village n’est pas connecté, vous n’avez d’autre choix que d’attendre qu’il le devienne un jour, au bon gré des décisions des opérateurs.”

En 1999, IBM lançait leur super ordinateur. On pensait alors que l’avenir résidait dans la puissance. A la même époque pourtant, Page et Brin développaient une autre vision en multipliant les ordinateurs connectés et créant l’informatique superflue et redondante (superfluous computing). L’idée était d’obtenir la qualité par la quantité, en assemblant entre elles des technologies “faibles”. C’est un peu comme cela que fonctionne l’internet : la qualité se construit par des effets de masse.

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