BENIN | TIC : Bientôt un quartier numérique de l'Afrique ?

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Avocat international, Max Awêkè est à la tête du secteur béninois de la communication depuis la réélection de Boni Yayi à la magistrature suprême en 2011. Il a accepté de répondre à nos questions et ne fait pas dans la dentelle pour expliquer les problèmes récurrents de connexion à Internet que rencontre le Bénin depuis un moment.

Afrik.com : Pourquoi le Bénin est-il confronté à de fréquentes difficultés de connexion à Internet ?
Max Awêkè :
Le Bénin a effectivement, depuis plus d’un mois, des problèmes avec Internet à cause d’un incident banal.

C’est l’incendie de notre station à la plage. Tout le matériel technique a été ravagé par le feu. Avec cet événement malheureux, il est impossible d’avoir accès à Internet dans tout le Bénin ainsi que dans les pays de l’hinterland. Aussitôt, la Direction générale de Bénin Télécoms, avec mon consentement, a fait venir Alcatel, la société qui a installé la station béninoise à la plage. Quand les employés d’Alcatel sont venus faire l’état des lieux, ils ont estimé qu’il vaudrait mieux que le consortium auquel nous appartenons intervienne directement pour trouver une solution adéquate aux vues des immenses dégâts. Et présentement, le consortium a déjà contacté France Télécom qui viendra remplacer tout ce qui a été brûlé. France Télécom doit donc tout renouveler afin que l’on ait une connexion viable, à long terme.

Mais parallèlement à cela, la Direction générale de Bénin Télécoms s’est mise en rapport avec d’autres fournisseurs, ici, en Afrique. Il s’agit de la Côte d’Ivoire et du Nigeria. La Côte d’Ivoire nous avait fourni deux liants et le Nigeria entre quatre et cinq liants. Avec ça, le Bénin s’est reconnecté à Internet. Manque de chance pour nous, le Nigeria a eu une panne relative à la section d’un câble à trois niveaux : Kraké, Lagos et dans une autre ville un peu plus loin. Cette panne est intervenue à trois jours de la tenue à Cotonou de la rencontre informelle des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union africaine. Il fallait trouver une solution. Et la première qu’on a trouvée a été de louer des VSAT et de mettre aussi en complément le faisceau hertzien d’Abomey-Calavi (ville située dans la banlieue de Cotonou NDLR) pour que les médias nationaux et internationaux puissent faire leur travail pendant le sommet de l’Union africaine. Ça a marché et tout s’est bien passé.

Entre-temps, je me suis rapproché de la ministre des Télécommunications du Nigeria que je connais. Elle était en mission à l’étranger et m’avait promis de donner des instructions au fournisseur Internet du Nigeria afin qu’il répare vite la panne intervenue sur le câble venant au Bénin. Ce qu’elle a fait. Mais la rupture du câble en question a été faite à trois niveaux différents. C’est pourquoi la réparation prit un peu plus de temps. J’ai aussi autorisé le Directeur général de Bénin Télécoms à se rendre à Paris pour rencontrer les responsables de France Télécom. Car, le Bénin ne peut attendre 2 à 3 mois avant d’avoir une nouvelle station de connexion à Internet.

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