AFRIQUE | TIC : L'Afrique, premier marché mondial

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En matière de téléphonie, on pense souvent à l’Asie, et pourtant. Selon la GSMA World Association, le continent africain est en passe de devenir le deuxième marché mondial pour la téléphonie mobile, avec 649 millions d’abonnés attendus en fin d’année.

Ce marché a été multiplié par quatre en cinq ans et devrait atteindre 735 millions d’abonnés fin 2012. Une bonne nouvelle pour le continent, puisque selon la Banque mondiale chaque hausse de 10 % du taux de pénétration du mobile équivaudrait à 0,81 % de PIB supplémentaire. Cet écosystème représenterait 3,5 % du PIB du continent, soit 56 milliards de dollars (41 milliards d’euros). Cela pourrait même aller au-delà si plus de fréquences étaient disponibles et que les taxes ne venaient pas limiter ces activités.

Du mobile au transfert d’argent

France Télécom a clairement mis l’accent sur les pays émergents dans son projet d’entreprise « Conquêtes 2015 », et particulièrement sur l’Afrique, visant à doubler son chiffre d’affaires sur le continent, ce qui pourrait ainsi représenter environ 7 milliards d’euros. Alors qu’il se désengage de Suisse ou d’Autriche, le groupe vient ainsi de racheter Congo Chine Télécom, quatrième opérateur mobile au Congo. Il est présent dans plus d’une dizaine de pays avec des parts de marché qui peuvent atteindre 43 % au Cameroun dans la téléphonie mobile ou même 80 % au Mali (chiffres 2009). Mais, pour profiter de la croissance de ce marché, l’opérateur doit s’adapter à une clientèle particulièrement volatile disposant souvent de cartes SIM de plusieurs opérateurs à la fois. Carnet d’adresses, accès à Facebook, communauté autour du football, le groupe développe les services pour la fidéliser. Surtout, il tente de surfer sur le développement des services financiers par mobile : payer, transférer ou déposer de l’argent via un SMS et des échoppes-relais séduit en effet sur le continent où le taux de bancarisation est inférieur à 10 % de la population. Orange Money revendique 3 millions d’inscrits, un chiffre multiplié par trois en un an.

Paradoxalement, les autres opérateurs français, SFR et Bouygues, sont peu présents sur le continent noir. Vivendi ne l’est qu’indirectement via Maroc Telecom (qui a réalisé 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires au total sur les neuf premiers mois de 2011) et Canal+. L’opérateur marocain revendique ainsi 2,8 millions de clients en téléphonie mobile au Burkina Faso, 0,5 million au Gabon et 3,6 millions au Mali. C’est d’ailleurs ce dernier pays qui a tiré les résultats du groupe au troisième trimestre avec une croissance de 28,8 % même si, sur les neuf premiers mois de 2011, la hausse de 4,5 % des activités subsahariennes n’a pas compensé le déclin observé au Maroc. L’autre filiale de Vivendi officiant en Afrique est Canal+ Afrique, filiale de Canal+ Overseas qui distribue la chaîne cryptée dans 20 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.

Le satellite en relais

Pour soutenir la croissance des télécommunications les grandes villes du continent sont équipées les unes après les autres, par ordre d’importance économique, en émetteurs et réseaux. Mais entre chaque ville, entre chaque tête de réseaux, la liaison est assurée par les satellites. Selon le cabinet Euroconsult, la demande satellitaire pour Internet et les réseaux d’entreprises devrait ainsi croître de 13 % par an d’ici à 2013. Eutelsat Communications, qui a identifié dès 1999 le potentiel de l’Afrique pour les services de télévision et de haut débit, bénéficie d’un avantage sur ses concurrents : sa flotte de 29 satellites est localisée entre les longitudes 15° O et 70,5° E, soit au-dessus de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient. La région subsaharienne est desservie par neuf de ses satellites et sur les six prochains lancements du groupe, d’ici à la fin 2014, trois sont destinés à la région. La société est ainsi bien positionnée pour le marché « premium » de l’interconnexion des émetteurs GSM et des plates-formes des fournisseurs d’accès Internet aux grands réseaux internationaux, ou encore les réseaux d’entreprises utilisés par les sites d’exploitation minière, pétrolière ou gazière, souvent isolés et qui réclament de plus en plus de débit. La liaison entre DAB, échoppes et banques passe aussi par les satellites. Enfin, la vidéo est évidemment centrale dans la stratégie d’Eutelsat, y compris sur le continent, où il diffuse 581 chaînes de télévision dont le premier bouquet crypté payant, MultiChoice Africa et son challenger ZAP.

Sécurité et élections

Enfin, qui dit cartes SIM et transactions financières dit Gemalto, le numéro un mondial des cartes à puce et de la sécurité numérique. Le groupe fournit ainsi une solution à l’opérateur ougandais MTN pour lui permettre d’offrir des services financiers sécurisés, Interswitch au Nigeria, groupement de 25 banques, ou NetOne au Zimbabwe. Mais la société est également présente sur un autre marché, celui de l’identité, passeports ou cartes d’électeur, comme au Bénin où il a fourni une solution complète permettant l’inscription des électeurs pour le scrutin présidentiel. Une activité que l’on ne peut qu’encourager.

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