Salon Africacom : l’effet positif d’une meilleure connectivité sur le Pib

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Une meilleure connectivité a un impact très positif sur l’économie d’un pays. Avoir une bande large est donc devenu un enjeu majeur pour le continent africain qui abrite la 14ème édition de l’Africacom, la rencontre du monde des télécommunications, précisément à Capetown (Afrique du Sud)

La ville sud-africaine de Capetown est depuis avant-hier le centre d’attraction du monde des télécommunications avec l’ouverture du salon Africacom qui réunit plusieurs grandes firmes mondiales. Il a été question de connectivité avec l’apport de la large bande dans le continent, sur le plan économique principalement. Selon une étude menée par Ericsson, Arthur Little et la Chalmers university of tehcnology, l’augmentation de la vitesse de la bande large contribue significativement à la croissance économique d’un pays.

L’étude démontre que les effets positifs sont générés par l’automatisation et la simplification des processus, l’accroissement de la productivité et un meilleur accès aux services de base comme l’éducation et la santé. Un autre rapport plus récent sur 33 pays de l’Ocde quantifie l’impact isolé de la bande large. Il est démontré qu’en doublant la vitesse de la bande large, on augmente de 0,3% le Pib d’une économie. Cette augmentation du Pib équivaut à 126 milliards de dollars, soit un septième du taux de croissance annuel  moyen de l’Ocde au cours de la dernière décennie.

 

Le défi de l’accès aux produits

 

Le président du groupe Ericsson pour l’Afrique subsaharienne, Lars Linden, a rappelé l’importance de la connectivité qui «est la première étape pour accéder aux réseaux de télécommunications ». «Sans elle, il n’y a rien», a-t-il ajouté. En Afrique, l’impact de la large bande est évident, estime-t-il. Déjà dans le domaine des téléphones mobiles, il y a une augmentation de 10% de la large bande, ce qui a une incidence positive sur nos économies, poursuit-il.

L’Afrique, a déclaré Mwalbu Wanendeya, vice-président et responsable de la communication d’Ericsson, est le premier continent en termes de téléphonie mobile. «La connectivité est en train de se développer en  Afrique, elle permet de faire beaucoup de choses, par exemple, de faire du commerce, de commander des marchandises, d’acheter, de consulter la météo dans sa propre zone», déclare M. Wanendeya. Mais l’un des changements les plus importants dans ce domaine demeure, à ses yeux, le transfert d’argent par le téléphone mobile. «Cela contribue au Pib et les Africains commencent à le comprendre», ajoute-t-il. A son avis, le défi de l’Afrique dans le secteur des télécommunications réside dans l’accès aux produits. «Nous devons trouver des solutions à cela. Aussi, l’énergie est une nécessité». Bref, pour M. Wanendeya, les opportunités sont nombreuses pour le continent qui peut tirer de grands bénéfices des télécommunications avec une meilleure connectivité. Il note des «transformations intéressants pour l’Afrique» ces vingt dernières années, avec des gouvernements qui peuvent bénéficier des retombées des télécommunications dans plusieurs domaines. Raison pour laquelle «les gouvernements, pour la plupart d’entre eux en Afrique, ont des politiques dans le domaine de la couverture du téléphone mobile, la qualité de la bande large», précise-t-il.» «Les gouvernements peuvent bénéficier des télécommunications qu’on peut les utiliser dans plusieurs domaines.

Le continent est bien conscient du gain à tirer de ce domaine très actif, renchérit Mamadou Mbengue, un Sénégalais établi au Cameroun pour le compte de la société de télécommunications Orange. Ce salon est, à ses yeux, une grande opportunité pour le continent, «c’est toute la population des télécoms qui est présente ici, nous regardons les opportunités à saisir», a-t-il ajouté.

Trouver les modèles les moins chers

A son avis, l’Afrique ne souffre pas de retard en matière de télécommunications par rapport au reste du monde. «Le continent a besoin d’être connecté, on doit trouver les solutions les moins chères et les plus adaptées pour permettre à l’Afrique de se connecter au reste du monde. Car l’avenir des télécoms en Afrique est énorme, elles ont du chemin à faire ici», poursuit l’employé d’Orange.

Sur ce point, Lars Linden d’Ericsson estime, au cours de sa communication, que pour amener le continent à faire partie du concert des télécommunications, «il faut inventer de nouveaux modèles commerciaux».

A son avis, «un changement dans les prix peut augmenter la demande de façon significative». Pour Mamadou Mbengue, les Africains sont déjà bien équipés, «ils ont souvent deux à trois téléphones, ce qu’on ne trouve pas dans les pays du Nord». Très optimiste, il estime que  le gap avec le nord n’est plus dans les télécoms, il est ailleurs, dans les infrastructures, la santé».

Mieux, les télécommunications ont rendu un énorme service au continent confronté à une sous-bancarisation. «L’Afrique est sous bancarisée, elle doit penser des modèles, c’est pourquoi le mobile money qui donne la possibilité de faire des transferts d’argent, de payer sa facture d’électricité etc., a un avenir certain ici, c’est cela le compromis à chercher».

Envoyé spécial à Capetown Malick CISS