La Radio, le levier de la paix et de la stabilité

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Les lampions se sont éteints vendredi dernier sur les travaux du Festival des Radios Africaines. L’évènement qui est à sa 8ème édition s’est déroulé au CICB du 23 au 25 novembre 2011. Il a regroupé plus de 300 radios du Mali et d’ailleurs autour du thème « Radio et Processus électoral en Afrique ».


Pendant trois jours, les festivaliers venus du Mali, d’Afrique et d’Europe ont échangé sur plusieurs sous-thèmes relatifs au thème central. L’objectif donc recherché était de comprendre comment la radio peut-elle contribuer à une bonne organisation d’élections libres, crédibles et apaisées dans les Etats.

On se rappelle, la cérémonie d’ouverture placée sous la présidence du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, avait été marqué par une communication du Président ATT sur le thème « Gestion des conflits post-électoraux ». Dans ce bref exposé qui a servi de plat d’entrée pour les festivaliers, le Président Touré avait rappelé le rôle combien hautement important des radios dans la vie des nations particulièrement en période électorale.

Le rôle ambivalent de la radio !

« La radio peut servir à semer l’espoir, la paix et la stabilité tout comme elle peut servir à semer la haine et la violence ». Cette déclaration du Président lors de sa communication illustre bien le rôle d’arme fatale que peut avoir la radio. Elle peut servir à construire si elle est utilisée dans le bon sens et elle peut aussi servir à détruire toute une nation si elle est mal exploitée comme le cas de la radio des Mille Collines au Rwanda lors du génocide en 1994. Abondant dans le même sens, le Ministre de la Communication, Porte-Parole du Gouvernement, Sidiki N’fa Konaté avait rappelé que la radio n’est pas seulement parole, mais qu’elle est aussi action comme la langue d’Eosope, elle est capable du meilleur comme du pire. « La radio est capable de provoquer les tsunami sociaux, politiques, économiques et culturels et elle est aussi capable de repenser les blessures et les fractures sociales les plus regrettables de l’histoire », avait déclaré Sidiki N’fa Konaté pour justifier le choix du thème « Radio et processus électoral ». Le Président de l’URTEL, Daouda Mariko, dans son allocution de bienvenue avait laissé entendre que la radio joue un rôle insoupçonné dans la communauté où plus de 70% des populations écoutent la radio.  Au cours de ce festival des radios africaines, un concours radiophonique sur le thème « Radio et processus électoral en Afrique » a mis aux prises des radios publiques, privées, communautaires et associatives de la sous-région.

Piètre participation des radios maliennes !

Au total 38 œuvres ont été présentées au jury dont 21 œuvres présentées par les participants étrangers et 17 par les participants nationaux.

Pour les œuvres produites en français, le 1er prix (composé d’un ordinateur de bureau, un mini-ordinateur portable, un enregistreur numérique…) est revenu à la radio Zanzan FM de la Côte d’Ivoire. Le 2ème prix (ordinateur de bureau et un enregistreur numérique) a été enlevé par la radio Horizon FM de Lomé au Togo. Le 3ème prix (mini ordinateur portable, enregistreur numérique) est emporté par Zénith FM de la Côte d’Ivoire. Enfin, le 4ème prix (enregistreur numérique, poste radio digital), est attribué à radio Soleil de Guinée.

Quant aux œuvres produites en bambara, le 1er prix est revenu à la radio Wassoulou de Yanfolila, le 2ème prix est emporté par Ouaga FM du Burkina-Faso, le 3ème prix est enlevé par Lotanou FM toujours du Burkina-Faso et enfin le 4ème a été attribué à la radio Jamana de Mopti. Le prix de l’intégration dénommé prix Samba Touré a été décerné à la famille Samba Touré en guise de reconnaissance pour ses efforts.

Il ressort du constat général, que la participation des radios maliennes est en nette régression comparativement aux années précédentes. Sur les 38 postulants, 17 seulement sont des œuvres maliennes. Or, aujourd’hui, il est établi que plus de 350 radios émettent en FM au Mali.

A la fin des travaux marqués d’importantes communications, les participants ont adopté une déclaration dite Déclaration de Bamako dans laquelle les festivaliers s’engagent entre autres à combattre toute tentative d’incitation à la violence et assurer dans l’indispensable solidarité leur mission ; privilégier les normes de pratiques professionnelles reconnues ; exhorter les pouvoirs publics à impliquer les radios dans tout le processus électoral du début jusqu’à la fin ; former et outiller les journalistes ; mettre en place un secrétariat permanent du festival et le rendre opérationnel.

La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre de la Communication, Sidiki N’fa Konaté, en présence de son homologue guinéen, Julius Doré. Le ministre, Sidiki N’fa Konaté, a rassuré les participants que les recommandations contenues dans la Déclaration de Bamako seront portées à qui de droit pour un nouvel envol du festival.

Santao H. Cissé, Radio communautaire de Bourem

« Le Festival Ondes de Liberté, c’est la grande retrouvaille du monde des radios et de la presse en général. Il est très important pour nous car, il est un cadre de dialogue, d’échanges d’expériences et de découvertes. Nous découvrons plusieurs autres aspects de la radio que nous ne connaissions pas avant et qui nous permettent de nous améliorer. Nous souhaitons que cela continue le plus longtemps possible. En ce qui concerne l’organisation, elle est en nette progression. Tout s’est bien passé… »

Philipe Togbé, Radio Horizon du Togo,

Lauréat du concours, 2ème prix des œuvres en français

« L’organisation est bonne, le thème et les sous-thèmes sont bons. L’ambiance et l’accueil nous réconfortent. Cependant, les radios maliennes doivent s’impliquer davantage en participant au festival, dans la couverture et participer aussi au concours radiophonique. C’est comme si elles n’étaient pas intéressées. Chaque édition donne l’impression qu’il y a un désintéressement de la part des radios maliennes au festival. Pour la prochaine édition, nous allons envoyer nos suggestions et nos petites idées pour que les choses  se passent beaucoup mieux. »

Par Daouda T. Konaté & Daouda Coulibaly

Le Challenger