CEDEAO et Communication

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Dix ans après sa création, la Cour de justice de la Cedeao fait son bilan. Il ressort de cette décennie d’activités des insuffisances liées la visibilité de ses œuvres. Fort de ce constat, le chargé de l’information, Félicien Hounkanrin a plaidé pour une collaboration entre la Cour et les media pour y remédier. C’était lors d’une conférence de presse ténue hier mardi 27 septembre à Dakar.
Créée en 2001, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’est d’abord attelée à la mise en place de son administration et à l’examen suivi de l’adoption des textes. En dépit de l’insuffisance des ressources dont elle dispose, la Cour établit chaque année un programme de renforcement des capacités de son personnel. 

Selon l’assistante de la Présidente de la Cour et spécialiste des Droits de l’homme, N’do Pabozi, de par sa nature juridique, « la Cour resterait peu connue si elle n’œuvre pas pour sa propre visibilité au sein des Etats membres ». C’est pourquoi la Cour envisage œuvrer pour la création des points focaux « des journalistes notamment ceux spécialisés sur les questions de justice et des droits de l’homme », a indiqué le chargé de l’information, Félicien Hounkanrin.

Pour la Cour, il s’agit de créer une nouvelle synergie de communication qui associe étroitement les media nationaux de tous les Etats membres. Pour y parvenir « il importe de cadrer les actions communes des Etats membres et de définir les stratégies de communication à entreprendre afin d’assurer une meilleurs diffusion du droit, de la procédure suivie devant la Cour », a martelé le chargé de l’information.

En dépit de toutes les actions de communication entreprise par l’Institution judiciaire, « il n’en demeure pas moins qu’une large couche de nos peuples méconnait la Cour ou que ceux qui la connaissent ne s’approprient pas son rôle et ses missions », informe Félicien Hounkanrin. Suffisant pour qu’il invite à «donc redoubler d’effort et renforcer notre système de communication et de diffuser des informations ».

Le chargé de l’information de la Cour de justice de la Cedeao, a par ailleurs, rappelé que cette rencontre vise à établir des relations de collaboration fonctionnelle « afin que les différents media puissent relayer les informations sur la Cour au profit des populations y compris celles des hameaux les plus reculés ». Il a souligné aussi que l’objectif est d’améliorer l’accessibilité de l’institution en communiquant afin de mieux se rapprocher de ses justiciables.

Pour rappel des membres de la Cours de justice de la Cedeao sont au Sénégal depuis lundi 26. Cette visite rentre dans le cadre d’une mission d’information qui vise à faire connaître la juridiction, ses modes de saisines et de fonctionnement.

Encadré
81 requêtes pour 76 décisions, dont 46 relatives aux droits de l’homme

La Cour de justice de la Cedeao a démarré ses activités sur la base d’un protocole, qui n’offrait à l’institution judiciaire que très peu de chances d’être saisie. L’assistante de la présidente de la Cour et spécialiste des Droits de l’homme, N’do Pabozi informe qu’entre 2001 et 2004, la Cour de justice de la Cedeao n’a fait l’objet que d’une seule requête et une décision rendue.

Mais avec le protocole additionnel de 2005 qui a étendu les compétences de la Cour aux violations des droits de l’homme et ouvert sa saisine aux particuliers cette même intense a eu 81 requêtes pour 76 décisions, dont 46 relatives aux droits de l’homme. Selon, l’assistante de la Présidente de la Cour et spécialiste des Droits de l’homme Au-delà de ces chiffres, « c’est surtout l’impact des décisions de la Cour qui font la mesure de son rôle de choix en tant qu’organe de protection des droits des citoyens mais aussi de garant de ces droits ».

Le protocole additionnel a donc été un tournant important dans l’accès des ressortissants de la Cedeao à la justice communautaire