Longue vie à la première tablette africaine !

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Verone Mankou n’a que 25 ans et il est à l’origine de la première tablette africaine.

Cette tablette de 7 pouces, qui fonctionnera avec le système Android 2.3, sera en vente à partir de la mi-octobre à Brazzaville et à Pointe-Noire, pour un peu moins de 200 euros. Certes, cette dernière sera fabriquée à Shenghzen, en Chine, mais, à la manière d’Apple qui appose sur chacun de ses iPhone « Designed by Apple in California, produced in China », la tablette sera dotée de l’inscription « Engineered and designed in Congo ». Le nom de sa société, VMK, signifie Vou Mou Ka, ce qui, en kikongo, un dialecte congolais, veut dire « réveillez-vous ».

Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?

Mon père est ingénieur dans le pétrole, ma mère, qui est décédée en 2003, était institutrice. Sinon, je suis fan de Gospel, de hip-hop et de jazz. J’ai effectué mes études à Pointe-Noire et je suis actuellement attaché aux nouvelles technologies au ministère des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de la communication. Enfin, j’ai créé une entreprise de conseil en technologies il y a cinq ans.

Depuis quand travaillez-vous sur la tablette VMK ?

L’idée m’est venue fin 2005-début 2006. Après une longue période de réflexion, je me suis lancé mi-2010. Résultat, six personnes travaillent sur place et nous supervisons la production en Chine, qui se fait au même endroit que Apple. La phase recherche et développement nous a coûté près de 85 000 000 francs CFA, soit 130 000 euros.

Quels sont vos objectifs de vente ?

Nous espérons écouler 10 000 tablettes au Congo en un an. Nous comptons ensuite exporter au Kenya, au Cameroun, au Gabon, en Côte d’Ivoire ou encore au Sénégal via un réseau de distributeurs indépendants. Après, pourquoi ne pas viser l’Europe ? Nous sommes parallèlement en discussion pour préparer le successeur de la tablette VMK.

En plus du magasin d’applications Android, planchez-vous sur votre propre magasin d’applications ?

Pour l’instant, nos moyens ne nous permettent pas d’aller plus loin dans la personnalisation de notre produit. Mais nous sommes en train de développer notre propre magasin d’applications, VMK Box, qui nous permettra de mettre en avant les applications développées par des développeurs africains, applications qui se retrouvent rarement dans Android Market. Je pense par exemple à une application qui donnerait les distances et les heures d’ouverture de la pharmacie la plus proche.

Comment réagissez-vous face à ceux qui vous reprochent d’encourager l’exploitation de minerais et donc d’envenimer les conflits de la République démocratique du Congo ?

Soyons réalistes. Nous représentons moins de 0,001 % de la demande mondiale des minerais du Congo voisin. En plus, nous n’achetons pas de minerais, nous achetons des composants qui seront présents dans nos tablettes.

L’Afrique rime de plus en plus avec nouvelles technologies…

Quand je regarde l’Afrique, je vois un géant qui était dans un sommeil profond et qui, petit à petit, montre les signes d’un réveil. Celui-ci pourrait se produire dans la prochaine décennie. Et je compte faire tout ce qui est de mon possible pour que ce réveil puisse avoir lieu. En tant qu’employé du ministère des Télécommunications, je travaille, par exemple, sur un projet qui vise au renforcement du « backbone » d’Afrique centrale qui doit irriguer davantage en haut débit notre pays. Enfin, nous avons organisé le premier Africa Web Summit, qui a rassemblé plus de 1 000 personnes les 17 et 18 septembre à Brazzaville.