Révolution numérique et lutte contre l'excision

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Le rôle de la révolution numérique dans la lutte contre l’excision

Dix ans de révolution numérique ont fait plus que 25 ans de mobilisation contre l’excision. Voilà 25 ans en effet que les militants en Afrique et en dehors du continent se battent pour éradiquer les mutilations génitales féminines (MGF) et dix ans que les nouvelles technologies de communication se répandant en Afrique. Deux chercheuses, Marie-Hélène Mottin-Sylla et Joëlle Palmieri se sont penchées sur ce parallèle. Elles ont publié en septembre 2010 par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) d’Ottawa, une étude réalisée par l’association Enda-Tiers monde de Dakar, intitulée : « Excision, les jeunes changent l’Afrique par les TIC », qui vient d’être traduite en anglais. Le document qui vise un lectorat scientifique ou universitaire explique l’impact des Technologies de l’information et communication (TIC) sur la politique et l’évolution de la société.

Elles ont observé, du moins en Afrique de l’ouest francophone, que les TIC contribuent à l’abandon de certaines pratiques, dont l’excision. La société de l’information se développe très vite, elle entraine un changement en profondeur de la vie quotidienne et modifie nombre de croyances. Les jeunes qui sont les premiers concernés par la révolution numérique se retrouvent à ce titre au cœur du processus d’évolution démocratique et civique. A l’heure d’internet, « l’abandon des MGF est d’abord une question de jeunes, de genre et de citoyenneté », expliquent-elles

Pour comprendre comment les jeunes Africains appréhendent aujourd’hui le phénomène de l’excision, les deux chercheuses ont travaillé avec des garçons et des filles du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal. Elles ont démontré que « les MGF relèvent du social, du politique, qui engagent aussi bien les hommes que les femmes de la communauté humaine. Or, l’horizon de cette communauté ne se limite plus à un territoire ou un village mais au village global ». Les TIC influencent les jeunes et permettent « l’émergence et l’adoption d’un nouveau message politique basé sur les droits de l’homme et la citoyenneté », rendant ainsi possible l’abandon à terme de l’excision.

L’association malienne Genre et TIC, basée à Bamako a organisé dans la foulée de la publication de l’étude, un forum sur le sujet, en partant du principe que les TIC luttent efficacement contre les violences faites aux femmes, particulièrement l’excision, dans la mesure où elles contribuent à une plus grande sensibilisation de la population.

LES AUTEURES

Marie-Hélène Mottin-Sylla, chercheuse à l’association Environnement et développement du tiers-monde (Enda-tm, Dakar), a publié plusieurs recherches et contributions scientifiques sur les femmes, le genre, l’excision et les technologies de l’information et de la communication en Afrique de l’Ouest francophone.

Joëlle Palmieri, chercheuse en sciences politiques, experte en genre, conseil en communication, doctorante au Centre d’étude d’Afrique noire, prépare une thèse sur les usages politiques des TIC par les femmes en Afrique.

 

Source : http://blog.slateafrique.com